Pensionnat Yorokobi
☼ Bienvenue au Pensionnat Yorokobi, le pensionnat de la joie !

☼ Ce forum RPG littéraire school est simple et pratique pour ceux qui débutent dans le domaine du RPG, mais il ravira aussi les plus expérimentés !

☼ Créez votre personnage et faites-le évoluer dans le domaine scolaire ! Quelle filière choisira-t-il ?

☼ Connectez-vous sur la Chatbox pour papoter librement avec les membres !

☼ A très bientôt sur Pensionnat Yorokobi !


Pensionnat Yorokobi, le pensionnat de la Joie ! Le pensionnat accueille les élèves du collège à la troisième année d'université dans divers filières ! Forum RPG fun !

Partagez | 
 

 « Breathe. » — Aetios & Aiken

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Aiken Young
Infirmier


Messages : 36
Date d'inscription : 27/05/2017

MessageSujet: Re: « Breathe. » — Aetios & Aiken   Jeu 27 Juil - 2:42:26

Please, be my strength instead of my weakness.
— Aiken Young —

L'immonde odeur chatouille mes narines et pour une fois, au lieu de mettre une main devant nez et bouche comme je le fais toujours, j'inspire profondément. L'air pollué s'engouffre entre mes lèvres et glisse dans ma trachée pour remplir mes poumons de ses composants nuisibles. Cette sensation, bien qu'horrible, me prouve une nouvelle fois que je suis vivant, et bien réveillé. Plus que réveillé. Une courte toux me prend alors que je monte dans le véhicule qui s'arrête devant moi. Je salue d'un vague signe de tête le chauffeur. Je suis le seul à monter à cet arrêt, et il n'y a que cinq places occupées, dont deux par des sacs. Je me dirige à grandes enjambées tout au fond et me laisse tomber sur les derniers sièges. Ma valise et mon sac prennent aussi un siège à eux seul. Et je jette un coup d’œil vers l'extérieur. Le pensionnat se dresse, immense, devant mes yeux, et je localise rapidement ma chambre vide. Mon regard descend et suit les fenêtre jusqu'au bout de l'autre bâtiment. Et je m'arrête à un rectangle de la même taille que tous les autres, qui ouvre sur une pièce de la même forme. Mais cette pièce, qui est comme toutes les autres, ne l'est justement pas tant que ça. J'y ai passé une nuit, perdu dans un délicieux moment d'égarement. J'y ai secouru quelqu'un avant de m'oublier dans ses bras. Il y a une heure et quelques, je l'ai quitté avec une froideur et une colère que je ne ressens plus maintenant. Ou disons plutôt que je suis redevenu comme avant, comme j'ai toujours été, mais que l'énervement qui était le mien précédemment s'est éteint. Je suis juste Aiken Young, l'infirmier, qui prend la direction pour rentrer chez lui un samedi matin. Et alors que le moteur fait trembler le transport, je me demande ce que fait celui que j'ai laissé derrière moi. Et même si j'ai l'horrible sensation d'être celui le plus en retard dans l'histoire, mon esprit se permet de m'imposer l'image de ses yeux pleins de larmes et de ses larges épaules secouées par les tremblements causés par de violents sanglots. Et quelque chose en moi se brise à ce souvenir, tandis que le ronflement du moteur me vrille les tympans. Et doucement, je m'éloigne de Yorokobi. Je m'éloigne de lui. Je ne parviens pas à lâcher des yeux l'entrée du pensionnat, même quand elle n'est plus qu'un point éloigné. Est-ce que j'espérais que tu apparaisses ? Si je t'avais vu, serais-je descendu pour te rejoindre ? Sûrement pas. Ce n'est après tout qu'une divagation, le reste du rêve trop réelle d'une nuit en dehors du temps.

Une heure et demi. Il faut une heure et demi au car pour s'arrêter devant la gare de ma ville. J'ai passé cette heure et demi à regarder par la fenêtre. Mais je ne voyais pas des paysages, je voyais des mots danser sous mes yeux, des expressions sur le visage d'Aetios et des lieux bien particuliers. L'infirmerie, le long couloir, sa chambre. Et j'ai pensé, beaucoup. A tout et à rien. Au passé et au futur. Au soleil et à la pluie. Au basket, aux blessés, à l'Angleterre et au Japon. Aux océans et aux terres qui me séparent de Londres. Aux kilomètres diminuant qui me séparent de l'appartement. Je me suis souvenu de mes années de lycée, des piercings et des boucles d'oreille. Des bagarres et des conneries. Des rires qui brisent les silences trop lourds et des regards qui veulent tout dire. Je me suis souvenu de la première fois où j'ai pensé que quelqu'un était réellement beau, de ses habitudes et de ses mimiques. De ses grands yeux noisette et de son visage aux traits fins. Je me suis souvenu des chanteurs qui criaient dans mes écouteurs et du style que j'avais —un style qui n'a pas quitté ma garde-robe mais que je ne revêts pas assez souvent.  Je me suis souvenu des gens qui me prenaient pour un délinquant et de l'amusement navré que ça faisait naître en moi. J'ai pense à beaucoup de choses, je me suis demandé ce qui se serait passé si on était tous deux venus bien plus tôt dans cette ville. Je me suis demandé quel genre d'adolescent tu étais et j'ai souri en t'imaginant plus jeune, veste de cuir et pantalon déchiré. Est-ce que tu t'habilles parfois comme ça ? Va savoir pourquoi je trouve cette pensée aussi intéressante. Si tu portais ces vêtements devant moi, je craquerais peut-être un peu. Je suis persuadé que tu serais séduisant. Plus encore que tu ne l'es déjà. Oui... tu serais vraiment séduisant. J'ai pensé à plein de choses. Je t'ai imaginé jeune enfant, j'ai rêvé d'avoir des photos entre mes mains. Je me suis souvenu de comment j'étais moi, et crois-moi ou non, ça n'en valait pas la peine. J'étais comme maintenant. Peu bavard, à regarder les gens fixement dans les yeux, franc. Et pour être franc, je l'étais. Je n'avais pas ma langue dans ma poche, et j'hésitais encore moins que maintenant. Pas qu'à présent, je craigne de m'attirer des ennuis en disant ce que je pense, je m'en fiche toujours royalement. Mais j'ai appris qu'il y a des commentaires inutiles et que parfois, toutes les critiques du monde ne pèsent pas autant qu'un regard. Ignorer peut aussi être la forme la plus totale de mépris. Et celle qui énerve le plus. Enfin. Durant cette heure et demi, j'ai pensé à plein de choses, j'ai pensé à tout et à rien... Mais j'ai surtout beaucoup pensé à toi.

Je suis descendu. La gare, familière bâtisse, se dressait devant moi. Et si je ne la voyais pas depuis cinq ans, j'aurais pu être impressionné. Mais à côté de Londres, il fallait avouer que cette ville paraissait minuscule. Je suis allé vers l'arrêt de but, valise en main droite et sac à dos sur l'épaule. Les horaires ne changent jamais, mais comme toujours je jette un coup d’œil. Il est vrai que je suis rarement là le samedi matin. De longues minutes passent, et je m'appuie contre un mur en attendant. Il y a quelques personnes qui me regardent étrangement. Ceux qui passent devant moi, dont le regard s'attarde un instant sur mon visage avant de descendre un peu en continuant leur route. Deux vieilles dames assises à l'arrêt gloussent un peu, comme des adolescentes devant un groupe de garçons. Ce n'est pas un rire malsain ou étrange, c'est une sorte de rire gêné et amusé. Mais je n'y prête pas plus attention que ça. Il y a aussi un jeune qui me fixe discrètement —même si nous savons tous que la discrétion des lycéens n'est pas encore au point—, comme s'il voyait en moi quelque chose qui le fascinait et le dérangeait à la fois. Quand, n'en pouvant plus, je plonge mes yeux dans les siens, il sursaute et détourne vivement la tête. C'est comme ça que passent lentement les minutes. Et quand je rentre dans le bus tout juste arrivé, je constate qu'il est bien plus rempli que le car. Jusque là, rien d'anormal. Mais là encore, les réactions m'agacent. J'ai toujours eu l'habitude qu'on me dévisage. Ce n'est pas nouveau. Mais là ? Après une nuit qui m'a retourné le cerveau, un matin plein de choses que j'aurais voulu éviter et un long trajet, je suis d'une humeur exécrable. Et les sourires, les regards et les attitudes m'emmerdent. Alors je rend leur regard à certains, qui semblent déstabilisés par l'intensité que je mets dans ce regard, et ignore royalement les autres. Et quand vient mon arrêt, je descend et m'arrête un instant pour voir la façade blanche de l'immeuble. Il y a pire, clairement. C'est pas mal. Je m'approche de l'entrée et tapote sur le petit clavier de l'immeuble. Avec un clic retentissant, la porte s'ouvre et je la tire, me faufilant à l'intérieur. Je n'ai pas envie qu'elle se referme, retaper le code m'agacerait. Je me dirige vers l'ascenseur et appuie sur le bouton lumineux. Quand les portes s'ouvrent, il y a quelqu'un déjà dedans qui s'apprête à sortir. Notre voisin de palier. Il me salue et je fais de même, puis son regard descend légèrement avant de remonter et il m'offre un sourire mystérieux. Qu'est-ce qu'il a ? Je suis tenté de lui dire de se le ravaler, son sourire, mais je préfère le garder pour moi et entre dans la cage d'ascenseur, choisissant le dernier étage. Cage d'ascenseur. Elle porte vraiment bien son nom. Bien que n'ayant pas la grille devant comme certains ascenseurs ont, il est clair qu'une fois fermée, on ne peut pas sortir comme on veut. Je n'aime pas l'ascenseur. Mais monter six étages avec une valise et un sac alors que tout ce que je veux c'est m'allonger dans un canapé, je n'ai pas vraiment envie.

Une fois à mon étage, je vais vers la porte de mon appartement et abaisse la poignée. Sans surprise, Alex et Jeff sont là. Ou au moins l'un des deux. J'annonce brièvement ma présence et entre, fermant derrière moi. Je vais poser ce que je porte dans ma chambre, au fond à gauche, et une fois cela fait je me mets à l'aise en retirant un bouton de ma chemise. D'ailleurs, je n'avais pas boutonné jusqu'en haut. C'était ça, qui faisait réagir les gens ? Qu'on voit mon cou jusqu'à ma clavicule ? Bah, sûrement pas. Ou alors ils sont encore plus ridicules que je ne le pensais. Je meurs littéralement de chaud. Je vais vers le salon, d'où des salutations entrecoupées de jurons avaient fusées, et je les trouve tous deux là, assis sur le canapé, à jouer à un jeu sur la PS4. Un jeu avec des flingues, et sûrement en ligne. C'est tout ce que je retiens. Deux mots anglais apparaissent sur l'écran et ils délaissent leurs manettes avec un mouvement de bras à la fois indigné et résigné. Je reste à regarder un instant l'écran de la télévision, puis je les entends qui se lèvent pour s'approcher. Jeff tend un bras et s'apprête à le passer autour de mes épaules quand je l'esquive d'un mouvement sur le côté, plus par réflexe qu'autre chose. Et il éclate de rire. Alex et bien parti pour le suivre dans son hilarité, mais son bras à lui se tend vers moi avec un autre but. Il attrape un des côtés de ma chemise et l'écarte davantage. Surpris, il ouvre la bouche.

Mais Aiken, tu... Waouh. Qu'est-ce qu'il s'est passé durant cette semaine ? Non parce que là...
De quoi tu parles ?
Bah, tu sais... Jeff, mate-ça.
Hey 'Ken, j'suis fier de toi, t'es un homme maintenant !
Hein ? Mais sérieux quel genre de conneries tu me sors encore ?
Bon, j'te cache pas qu'on dirait plutôt que c'est elle qui t'as bouffé, mais c'est cool quand même. Tu t'es trouvé qui ? Une tigresse ?
Jeff, combien on parie qu'Aiken le chaton les a même pas remarqué ?
Remarqué qu—
Meeec, t'as des suçons énormes ! Tu peux pas les avoir loupé, on voit que ça !
Des suçons ?
Atteeeeeeendez mesdames et messieurs, est-ce que ça veut dire que 'Ken le grand l'a enfin fait ?
Mais juste, ferme-la Jeff.
Laisse-le deux secondes, Jeff. Tiens, regarde ça Aiken.

Alex, qui avait sorti son portable, prend une photo avant que je ne puisse réagir et me tend son appareil. Je dois avouer que je suis un peu surpris de tout ça et que je me demande quelle tête ils peuvent bien avoir, alors je sélectionne la dernière photo prise dans la galerie et la regarde s'afficher. Et... oui, clairement, Jeff a raison. On ne voit que ça. Des marques rougeâtres partant vers le mauve, couvrent mon cou. Et même si j'avais boutonné totalement ma chemise, on les aurait vu. Je passe ma main sur ma nuque distraitement. Je me souviens bien de quand il les faisait, mais j'étais tellement perdu dans le plaisir et l'amour que je ressentais pour lui que bien que sur le coup ils avaient fait monter la pression, je les avais bien vite totalement oublié. Et j'ai laissé des inconnus les voir, sans même y faire attention. Enfin, ça ne me tuera pas, l'avis des étrangers m'est égal, mais ça reste embêtant. Parce que j'ai exposé au monde la preuve que cette nuit a bien existé, et que je l'ai exposé d'une manière si franche et claire qu'on pourrait croire que je revendique fièrement ce qui s'est passé entre Aetios et moi. Je le maudis silencieusement pour en avoir laissé autant à des endroits si voyants. A la base du cou, près de la pomme d'Adam, sur la clavicule, juste en-dessous de la mâchoire. Je rends son téléphone à Alex et croise le regard de Jeff. Oh, non, il est avide de détails. Remarque, même s'il n'a pas dit grand-chose encore, Alex a l'air tout aussi curieux. Je soupire et Jeff comprend la capitulation. Il saute sur l'occasion avant que j'ai le temps de m'enfuir.

Elle est comment ? Vous vous connaissez depuis longtemps ? Qui a dragué qui ?
Il, corrigeais-je en un souffle. C'est un étudiant du pensionnat. Et personne n'a dragué personne.
Alors comment t'as fini avec ça ? Il t'as juste sauté dessus ?
...
Naaaan, sérieux ? Il t'as juste sauté dessus ?
Non, non. Il m'a embrassé, et... et c'est tout. Le reste ne te concerne pas.
Et du coup, ton petit copain, il est comment ?
Ce n'est pas mon petit-ami. Et il est... intéressant.
Nan mais physiquement ! Donne-nous un peu des infos quoi !
Eh bien, il est... beau.
'Ken, 'faut te le dire, t'es nul niveau description. Et dire que c'est toi qui avais toujours les meilleures notes en rédaction !
Plus sérieusement, pourquoi vous ne sortez pas ensemble ?
Parce que je ne veux pas.
Mais tu l'aimes ?
Peut-être.

Après ça, Jeff et Alex ont échangé un regard et un sourire, puis le reste de la journée s'est déroulé comme toujours. Tranquillement. Lentement. Et le soir, on est sorti au bar et on a bu. J'ai peut-être bu un peu plus qu'à l'accoutumée. Peut-être que j'ai bu un peu plus que je n'aurais dû. Mais juste un peu. Quand on est rentré, je marchais pas très droit et je me suis plaint de l'écharpe qui dévorait mon cou pour cacher au maximum les traces de cette nuit. Tes traces. Les preuves indéniables que je n'ai rien rêvé de ce moment entre coucher et lever de Soleil. Et quand je ferme les yeux, je te vois encore baigner dans les lumières de la Lune et te rapprocher de moi avec une lenteur religieuse mais une détermination sauvage. Et alors, à défaut de pouvoir vraiment le faire, je te laisse fondre sur moi et m'enlacer. Je te laisse me dévorer et je me laisse brûler contre ta peau mate. Je me donne le droit de t'aimer un peu doucement durant deux autres nuits, parce que les rêves ne sont jamais bon. Et ceux que je fais ce week-end-là ne font pas exception à la règle.

Lundi. Premier jour de la semaine. Jour de consultation, aussi. Aujourd'hui, on est lundi. Donc aujourd'hui, je vais te revoir, pour la première fois depuis samedi matin. Est-ce que je devrais être inquiet ? Je ne sais pas ce que je suis censé ressentir face à cette information. Mais je sais que quand tu passeras le seuil de l'infirmerie, je devrais te regarder comme je regarde chaque élève. Je ne poserais plus sur toi ces yeux dénués de leur froideur habituelle. Aujourd'hui, et tous les prochains jours, tu ne seras pour moi qu'un inconnu. L'heure de midi approche. Je devrais aller me chercher quelque chose. Ou traîner sur le toit Il n'y a personne dans les lits. C'est rare. Je devrais en profiter pour prendre l'air, en attendant 13h30. L'heure de ta consultation. Je ferme les yeux et soupire lourdement. Ma main se porte à mon cou, où les pansements apposés sur les suçons pour les dissimuler me gêne. Même s'ils sont visibles comme ça, au moins on ne sait pas ce que cachent les pansements. Et ça me va. Alex me conseillait plutôt du maquillage ou une écharpe, mais je me vois mal me saupoudrer de quel que produit que ce soit ou porter une écharpe par cette chaleur. Moi qui ai toujours chaud, je n'ai pas envie que ça empire. Alors j'avais opté pour des pansements. Blancs, comme ma peau. Comme s'ils n'étaient au final qu'un morceau de moi. Et aussi, j'ai mis quelque chose d'inhabituel. J'ai reçu quelques remarques d'élèves aujourd'hui, qui trouvaient ça « cool ». Soit-disant que c'était surprenant, mais que ça m'allait bien. Les piercings et boucles d'oreille. Allez savoir pourquoi j'ai eu l'envie, ce week-end, de les remettre. Deux billes argentées à l'arcade gauche, deux anneaux à l'oreille droite et trois à la gauche. Et les vêtements sombres ont quitté mon placard. Un jean troué, un t-shirt et une veste en cuir posée sur le dossier de la chaise de mon bureau. Cela fait un petit moment que je n'ai pas tout remis. Même les chaussures, des Doc noires, sont de sortie. Est-ce que je me crois encore au lycée ? Qui sait. Techniquement, je suis dans un lycée. Que je n'y suis plus élève n'a aucune espèce d'importance. J'ai mon style, et il n'y a écrit nulle part que j'ai une tenue d'infirmier obligatoire. L'avantage de l'être ici et non dans un hôpital. Midi sonne. Et je me lève. Aucun élève à l'horizon, donc. Je vais pouvoir profiter un peu de ma pause. Je me dirige vers la porte et entend vaguement un bruit sourd de l'autre côté. Quelqu'un qui toque ? Non, c'est mon imagination. J'attrape la poignée et ouvre la porte. Et tu es juste là, en face de moi. Qu'est-ce que tu fais là ? Tu es là une heure et demi trop tôt. Pourquoi tu es là ? Je reste figé, puis me reprend et passe ma main sur ma nuque, sentant la texture d'un des pansement sous ma paume.

Bonjour, Aetios. J'allais partir. Tu voulais quelque chose ?

Tu n'imagines pas l'effort que ça me demande, de te parler comme à n'importe qui. Tu n'imagines pas combien j'ai envie de fuir et de me rapprocher. Il me semble que ça fait une éternité que je n'ai pas vu ton visage. Alors pardonne-moi si je me perds une seconde dans tes yeux si sombres.
3386 mots.
Hope you like it dear Oracle.
voilà, j'avais envie d'foutre un peu Jeff & Alexander~
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gaedre.skyrock.com/
Aetios Sillohe
Surveillants
avatar

Messages : 32
Date d'inscription : 27/06/2017
Age : 23

MessageSujet: Re: « Breathe. » — Aetios & Aiken   Jeu 27 Juil - 18:05:22

Aiken Young & Aetios Sillohe
.

The Boy who was at the other side of the world
Au sud de la Grèce, dans la mer Égée, se dressaient les nombreuses Îles qui composaient une partie touristique non négligeable de ce pays qui avait subit la récession économique mais qui commençait à s'en remettre. Depuis 2015, l'essor industriel et les exportations s'étaient peu à peu remis en route et l'Europe en priorité craignait moins les déficits qu'avait connu le pays quelques années plus tôt. On oubliais pas les dettes nationales qui s'étaient considérablement alourdies mais la vie reprenait son cours peu à peu et le tourisme renaissait. Parmi ces Îles qui abritaient de véritables petits paradis, se dressait Serifos. Elle n'était ni l'une des plus grande, ni l'une des plus éloignées mais elle n'était qu'à deux heures environ d'Athènes en Ferry et ça lui donnait une attraction particulière pour ceux qui voulaient être tranquilles mais rester suffisamment prêt des gros sites touristiques qu'offrait le pays. L'Ile offrait plusieurs villages et une production d'Oléiculture renommée dans tout le pays. Ses petits hameaux parcourant les montages ou bien en contrebas contre des plages au sable blanc et à l'eau d'un bleu limpide la rendait magnifique. Plusieurs de ses petits villages avaient élus parmi les plus beaux villages de Grèce. Et quand on regardait certains d'entre eux, nichés dans des reliefs d'un sommet léger jusqu'au pied de la Mer, on avait aucun mal à comprendre pourquoi. Dans les rues pavées de Chora, courait un petit garçon. Ses boucles brunes qui se dressaient sur le haut de son crâne semblaient jouer à la corde à sauter sur sa tête. Son grand sourire franc dessinait ses joues aussi rondes que deux petits ballons ovales. Ses yeux clairs étaient mis-clos, perturbés par le soleil qui brillait sans retenue ce Lundi de Juillet. Il laissait sa voix d'enfant en bas age murmurer un son bas. Ainsi, au rythme de ses pas, sa voix sursautais et lui donnait un air ridicule qui le faisait rire aux éclats. Ses lèvres grandes ouvertes, on pouvait apercevoir ses dents du haut et l'espace discret qui séparait ses incisives de devant. On appelait ça les « dents du bonheur » et ce petit bonhomme, avait tout pour les porter fièrement. Il était beau, et reflété par les murs blancs impeccable du village, il adoptait un petit air malicieux que seul les enfants savent porter. Soudain, une vois derrière lui. «  GALENE ! Ne t'éloigne pas de papa ! ». Le petit garçon retourna la tête pour apperçevoir son père. Il le voyait s'éloigner de lui, et il commença à s'inquiéter, il se mit à ralentir sans lâcher son père des yeux. Puis, alors qu'il regardait encore derrière lui, il trébucha. Il mis ses mains en avant et retint sa chute. Mais il avait écorché son genoux. Quand il regarda sa petite jambe et qu'il y constata qu'il y avait désormais un bobo qui n'était pas prêt de disparaître avec un bisous magique, il se mit à pleurer. « Aeto!Aetooooo » demandait t'il. Son père le rattrapa. Il y avait eu plus de peur que de mal. Inconsciemment, il se demanda pourquoi l'enfant appelait toujours son grand frère alors qu'il n'avait que trois ans et qu'ils n'avaient jamais vraiment vécus ensembles. Mais ses deux garçons avaient un lien particulier qui les liaient profondément. Il savait qu'il n'avais pas trop le choix, ils devraient essayer de joindre son plus vieux via Skype quand ils auraient déterminée une heure possible pour lui afin de calmer Galene de cette grosse frayeur. Parce qu'au monde, rien ne rendait plus vite son sourire au bambin qu'Aetios Sillohe, son demi-frère de vingt ans son aîné. Il rentrèrent ensembles, le bambin dans les bras de son père, ils regardèrent sur l'ordinateur familial l'heure qu'il était sur l'archipel Nipponne, Il n'était pas même midi. Personne ne pouvais savoir qu'en cet instant, à l'autre bout du monde, devant une porte d'infirmerie, le premier fils Silohe, était tout aussi blessé que son cadet. Mais il ne pleurait pas. Il était peut-être trop vieux pour ça. 



Aetios retiens son corps. Il as faillit tomber à la renverse lorsque la porte s'est ouverte. Il a mis une jambe un peu en avant pour combler le mouvement en avant qu'à entrainé l'ouverture de l'infirmerie. En réalité, il ne s'attendait pas à la voir s'ouvrir. Aiken était certes, censé se trouver à l'interieur, mais d'ordinaire, c'était Aetios qui venait le chercher, et jamais l'inverse. Il était perdu dans ses pensées. Incapable d'avancer, incapable de faire demi tour. Il n'osait pas vraiment regarder le visage de la personne qui lui faisait face. Il regardait ses pieds, ses hanches, et cette chemise d'infirmier qui ne pouvait appartenir qu'à Aiken. Ces vêtements qu'il porte lui vont étonnamment bien et lui donne un petit air punk qu'Aetios apprécie. Il ne relève pas tout de suite le visage. Il inspire profondément comme pour s'imprégner de cette odeur qui est la sienne et qui lui a manqué cruellement. Il ne s'en rend que plus compte désormais qu'il l'a à nouveau pour lui. Le jean troué dévoile un peu sa peau et la pâleur d'un genoux. Le brun revoit en brides cette peau qu'il a enlacé avec l'intention de ne pas la laisser s'échapper. Puis il se rappelle, il l'a laissé s'enfuir, au final, c'est lui qui s'était écarté ce samedi matin pour lui donner la possibilité de fuir. La voix d'Aiken raisonne comme pour le rappeler à l'ordre. Et Aetios se sent déchiré. Cette indifférence le torture. Il aimerais répondre comme si tout allait bien mais le poids qu'il a sur le cœur l'en empêche. Il laisse s'échapper quelques secondes le temps de reprendre son courage à deux mains. Il lève les yeux vers le blond. Il a remis ses piercing. Le Grec avait remarqué ses trous distinctifs qu'il avait sur la peau. Lui aussi à un piercing, sur la langue, une grosse bille noire qui marque la symétrie parfaite et apparaît légèrement quand il parle. Il regarde le soleil relfletter ses cheveux sombre sur le métal des billes. En réalité, il aime bien ces bijoux. Et sur Aiken, il n'a aucun mal à les accepter, ça lui va plutôt bien. 

« - J'imagine que j'arrive trop tôt. » 

Il avait faillit dire « trop tard ». Et sa voix trahissait ce lapsus invisible. Oui, peut être était il arrivé trop tard. C'était possible. Peut être que tout c'était joué cette fameuse nuit. Il aurait dû le garder contre lui et retenir sa passion dévorante pour n'offrir de lui qu'un être pieu et contemplatif. Non, il n''était pas capable de faire ça, c'était demander à un animal de ne pas bouger devant une pièce de viande alléchante. Peut être, alors, que c'était le matin ou il n'aurais pas du agir comme il l'avais fait. Il avait été cruel et lamentable. Peut être aurais t'il du se montrer plus doux et attentif auprès d'Aiken. Mais Aiken n'avais pas besoin de ça. Il avait besoin d'un coup de pied au cul. Il avait besoin qu'on le bouscule et qu'il arrête de croire que sa vie était derrière lui ou n'arriverais jamais. Aetios en était persuadé. Il avait le sentiment depuis un moment déjà qu'il était le seul à pouvoir offrir ces révélations au blond. Et c'était peut être ça finalement qu'il aurait du faire cette fameuse nuit. Il aurait peut être du lui dire qu'il n'avais pas à s'en faire. Qu'il le comprenait, qu'il n'avais pas besoin de mots pour lui parler. Il aurait peut-être du le rassurer plus que ça. Il se triturais le cerveaux de ces questions sans réponses. Et il sentit un peu plus le poids de ses nuits blanches peser sur ses épaules. 

Ses yeux marquaient clairement sa fatigue. Sa cornée était parsemée de vaisseaux rouges, ses veines se voyaient clairement créant dans ses pupilles des touches de couleurs qu'elles n'avaient pas en général. L'intérieur de son œil prenait des couleurs vertes et violettes qui lui donnait un air un peu morne. Sous ses paupières, ses cernes se creusaient nettement malgrè sa peau brune qui couvrait en général assez bien ces signes de fatigue. Elles dessinait son orbite et donnaient l'impression que ses yeux pouvaient se clore à jamais d'un instant à l'autre. Il avait eu un mal fou à les garder ouvert durant son cours matinal. Il n'avais pas vraiment l'esprit clair. Il se redressa un peu. Et entra dans l'infirmerie sans vraiment demander l'avis du blond. Elle était vide et cela le rassurait. Il avait besoin de dormir un peu. Mais il n'avais pas envie de dormir dans les lits que prétait à tout le monde l'infirmier qu'il adorait. Il voulait avoir au moins le privilège de se sentir spécial même si ce n'était pas grand chose. C'était un peu risible de sa part, mais il n'avais que ça pour le moment. Il avança vers la salle qu'ils occupaient lors de ses soins et pénétra à l'intérieur. 

« - J'aimerais m'allonger un peu. »

Peut être que c'était ça que trahissait sa voix finalement. Cette fatigue totale qu'il avait accumulé sans plus savoir quoi en faire. Il était las. Il n'avais pas envie d'abandonner Aiken, mais pour le moment, il n'avais pas envie d'en être plus torturé par lui. Il avait désespérément besoin de sommeil. Il avais désespérément besoin d'Aiken. Il se laissa tomber sur le lit. Visiblement le blond avait l'idée d'appliquer ce qu'il lui avait confié ce samedi matin, il allait se comporter tout à fait naturellement avec lui. Aetios le savait, c'était un mensonge. Il avait observé Aiken, et quelque chose dans son apparence globale semblait dire qu'il n'était pas sincère avec lui même. Mais il blessait quand même Aetios. Presque résigné, il ferma un peu les yeux puis les ouvrit à nouveau. Il n'avais pas envie de voir Aiken faire comme si de rien était avec lui. Il ne voulait pas être relégué au rang des autres élèves qui venaient ici. Il le regarda depuis sa position et murmura de sa voix suave et qui commençait à s'endormir un peu. 

« - Ne va pas t'imaginer que c'est plus qu'un répit. » 

Oui, ne va pas t'imaginer que je t'ai dit ces mots à la légère. Je te poursuivrais, je te pourchasserais. Je t'enlacerais à nouveau. Ce n'est que ça, ce n'est qu'un répits pour toi. Le temps que je dormes un peu. J'imagine que tu en aura d'autres de temps en temps si tu continue à me priver de sommeil par tes actes. Et j'ignorais même si tu étais capable de savoir que tu influais sur ma santé physique. Tu le faisait. C'était une preuve évidente. Je ne pouvais pas t'ignorer comme tu semblais vouloir le faire. Je n'étais pas aussi cruel. J'espèrais au plus profond de mon cœur, que tu ne l'était pas non plus.
 

_______________________________
                  A  E  T  I  O  S                  S  I  L  L  O  H  E              
                                                                 
A R E   WE  M A D   ?  'C A U S E   S U D D E N L Y    I   F E L T   L I K E   W E   A R E .
I was born to make you cry and now I can only give your all the love i've got.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aiken Young
Infirmier
avatar

Messages : 36
Date d'inscription : 27/05/2017
Age : 23
Localisation : Originaire d'Angleterre, de Londres. Actuellement au Japon.

MessageSujet: Re: « Breathe. » — Aetios & Aiken   Jeu 27 Juil - 22:07:25

Please, be my strength instead of my weakness.
— Aiken Young —

Je l'ai vu. Quand j'ai ouvert, il a eu ce mouvement en avant qui m'a surpris et a manqué de me faire reculer. Le bruit sourd et sa position actuelle sont-elles les preuves qu'il avait posé sa tête sur la porte ? Sans doute. Mais pourquoi ? Est-ce qu'il a perdu l'équilibre et que la paroi froide l'a retenu ? Mais pour perdre l'équilibre et resté figé durant un instant, il devait être mal. Est-ce qu'il était là parce qu'il était malade ? Quel genre de maladie ça pouvait être ? Je fais mentalement la liste des médicaments stockés dans l'armoire derrière mon bureau. On a pas grand-chose. Je n'ai pas droit de donner des médicaments nécessitant prescription, alors à part la tonne de dolipranes, c'est plutôt vide. Mais pour que ça ne paraisse pas ridiculement peu rempli, il y a des gâteaux et des jus de fruits, pour ceux qui sauteraient un repas ou risqueraient de s'évanouir. Ils ne sont pas excellents, mais ils sont plutôt bons. Personnellement, je les trouve pas mal, même si je déteste le sucré. Ca a toujours été le cas, d'ailleurs. Et ça n'a cessé de surprendre les gens. Soit-disant que j'aurais une tête à être accro aux glaces. J'ai jamais compris leur délire. J'aime pas du tout les glaces. C'est du sucre et du sucre. Même si c'est relativement frais, et que ça peut faire du bien par temps chaud. Enfin, il reste toujours l'eau. L'eau, et le café parfois. Les deux seules boissons que je peux avaler —enfin, en omettant l'alcool, qui bien que composé quasiment uniquement de glucose, n'a pas son goût doux et répugnant. Alors non, je n'ai pas été de ces enfants qui feraient tout pour un bonbon. J'étais plus proche de ceux qui feraient tout pour ne pas en avoir. Ou peut-être que j'étais le seul dans ce cas ? Je ne me rappelle pas avoir déjà entendu quelqu'un dire qu'il détestait le sucre. Il y a cette formule, que les gens utilisent jusqu'à overdose: « Je n'en suis pas fan. » Eh bien bonhomme, c'est cool mais j'ai envie de te dire que ce serait inquiétant, si t'étais fan de gâteaux. Je veux dire, des posters de cake et de cookies sur tous tes murs... C'est bien hein, chacun ses goûts, mais j'éviterais clairement de rentrer dans une telle habitation. Remarque, maintenant que j'y pense, dans mon appartement y a pas grand-chose non plus. Pas mal de temps qu'on y est, mais aucune déco vraiment claire. C'est un appart' typique de potes de la vingtaine vivant ensemble... je suppose ? Ce n'est pas moche, c'est plutôt agréable, mais c'est normal, tout simplement. Et puis on ne peut pas dire que j'y passe énormément de temps. En dehors des vacances et des week-ends... Je m'arrête pendant une seconde dans mes réflexions. Je viens de réaliser quelque chose.

Quand les prochaines vacances arriveront, qu'est-ce que je pourrais bien faire ? Il faut que j'efface tous mes sentiments pour toi d'ici-là, parce que sinon je crois que je ne pourrais jamais profiter d'un seul jour loin de toi. Tu es grecque, je le sais. Tes parents y vivent toujours. J'imagine que tu n'as aucun domicile au Japon, alors quand les vacances se présenteront, tu te rendras à la gare la plus proche et tu partiras. Pour Tokyo, sûrement. Et là-bas, tu monteras dans un avion qui t'amèneras dans ton pays natal. Quand les vacances se présenteront, je pourrais oublier toute chance de te croiser. Et pourtant, sois sûr que je serais horriblement tenté d'aller dans la ville du pensionnat juste dans l'espoir de te croiser. Je m'arrêterais devant les dortoirs vides et je rêverais de voir de la lumière par la fenêtre de ta chambre. Mais tu seras à des milliers et des milliers de kilomètres, et je croiserais ton fantôme dans des rues que je ne suis pas sûr que tu aies déjà emprunté. J'aimerais que cette nuit n'ait pas existé. Ou alors peut-être que j'aimerais être dans l'aéroport et crier ton nom, te retenir. J'aimerais que tu laisses l'avion décoller sans toi pour me prendre dans tes bras. J'aimerais que tu aies envie de rester au Japon avec toi. Parce que même si je peux trouver ta ville et le nom de tes parents, même si je peux me renseigner et me débrouiller pour te « croiser » devant chez toi... Quelles excuses j'aurais ? Que pourrais-je dire, si tu me demandais ma présence là-bas ? « Je suis venu visiter. », « On m'a parlé d'ici. », « Je profite de mes vacances. » Ou, peut-être, une version plus honnête: « Tu me manquais. » Et là, que penserais-tu de moi ? Je suis celui qui t'as repoussé désespérément, et pourtant je ne rêve que de te toucher. Passer doucement ma main dans tes cheveux, glisser mes doigts jusqu'à tes joues, effleurer ta peau si chaude dans une caresse pudique. Te regarder dans les yeux et te demander dans un souffle si je peux t'embrasser. Te regarder de haut dans un essai vain de te surplomber pour te paraître grand et confiant. Comme tu es pour moi. Oui... Je ne rêve que de ça. D'être auprès de toi et de découvrir des choses que je n'imagine même pas à ton sujet. Parce que je suis curieux. Curieux de connaître tes goûts. De savoir si tu aimes le sucre ou si tu préfères le salé. Curieux de savoir quel genre de styles de vêtements tu aimes. Curieux de tes relations avec ta famille. As-tu des amis ? Si oui, comment sont-ils ? Est-ce qu'ils sont dans ton pays ? Aetios, dis-moi, pourquoi j'ai l'impression d'avoir perdu une partie de mon cœur en Grèce sans jamais y avoir mis les pieds ?

Tu sais, j'aimerais pouvoir te dire que je suis désolé d'avoir été si froid. Je n'ai jamais cherché à te blesser, j'essayais de me défendre. Mais je ne m'excuserais pas, parce que tu as dit des choses que je ne peux oublier, et je refuse de te laisser avoir dit vrai. Tu n'es pas le « Destin », tu ne décideras pas de mon futur. Je ne te donnerais pas raison en revenant vers toi et ce même si je souffre horriblement et pour la fin de mes jours de ton absence. Car si je te laisse écrire mes actions à ta guise, alors je souffrirais sûrement plus de ta présence. Et la liberté d'agir qu'on abandonne au profit d'un bonheur laisse une cicatrice à l'âme qu'aucun contact ne peut guérir. Il n'existe de vie que je pourrais supporter avec des chaînes autour de mon cœur. Si tu as donc ce pouvoir qui te fait dire que je ne pourrais pas te fuir, alors achève-moi maintenant ou relâche-moi pour toujours. Parce que cet entre-deux est plus effrayant que tout le reste. Plus effrayant que toi, peut-être. Mais il se peut que je ne te considère pas vraiment comme effrayant. Tu es d'une gentillesse que je ressens dans chacun de tes gestes et de tes paroles, d'une gentillesse qui m'attire follement. Et il se peut que cette gentillesse mêlée à la douceur que je perçois en toi fait partie des choses qui me donnent envie de revenir vers toi. Ca et toutes les expressions qui passent sur ton visage, ça et ton sourire, ça et ta beauté envoûtante. Ca et tout ce qui te constitue. Je pourrais presque croire te rêver. T'avoir inventé depuis le début, t'avoir créé de toute pièce, si je ne me savais pas incapable de ne serait-ce qu'imaginer une perfection si imparfaite. Tu es une nuit sans Lune, et je suis tombé amoureux de tes ténèbres rassurantes, de ta lueur sourde, éclatante. Je suis tombé amoureux de toi alors que je ne m'aurais jamais crû capable de penser à des choses si ridicules. Mais si, apparemment. Mon esprit est rempli de choses ridicules. Et la plus ridicule de toutes est aussi celle qui l'est le moins. Toi. Je ne peux pas l'expliquer, mais tu me rends horriblement bête. Tu me donnes envie de t'offrir un peu plus de mes sourires peut-être, et dans un moment d'intimité, tu me donnes envie de te raconter des choses du quotidien, juste dans le but de te parler. Peu importe vers quoi la conversation pourrait s'orienter, tant que j'entends le son de ta voix jusqu'à m'en imprégner. Jusqu'à ce qu'elle résonne en moi comme aucun autre son ne le peut. J'aimerais te dire que tu m'as eu, que je suis tombé et qu'il n'y a aucun chemin qui me ramène où j'étais. J'aimerais te dire que j'ai envie de me laisser glisser tout en bas, parce que je ne peux faire que ça et parce que de toute manière, si tu y es je veux m'y rendre. Mais à la place de ça, je prends ma voix la plus normale et je te demande ce que tu fais aussi. Et que Dieu me pardonne, j'ai parfaitement reproduit mon intonation glacée de toujours. Même si maintenant, je ne fais que brûler d'un feu dévastateur.

De longues secondes passent. Des secondes interminables. Et ta tête toujours baissée me force à seulement imaginer ton visage. Tes traits sont précis mais quand je les mets ensemble, ils vacillent. Relève la tête. Regarde-moi. Laisse-moi te voir. Accorde-moi au moins ça alors que je fais tout mon possible pour rester en place. Moi qui ai tout sauf envie de rester juste là. La distance qui nous sépare est trop grande. Ou trop petite. Je ne parviens pas à me mettre d'accord, mais elle est trop quelque chose. Et j'ai du mal à supporter les « trop » que tu m'imposes. Tout comme je glace de tous les « pas assez » qui me passent par la tête. Il n'existe pas de demi-mesure depuis que tu es là, pas vrai ? Alors, soudain, tu parles. Et l'écho de tes mots en moi cogne partout où il en a la possibilité. Mon corps s'engourdit de t'entendre, et mon cœur se serre de te voir. Tes yeux sombres m'indiquent des choses que j'aurais aimé ne jamais avoir à constater. Tu manques de sommeil. Cruellement. Et tu me parais horriblement pâle. Ou est-ce juste mon imagination ? Qui sait... J'ai l'impression que tu pourrais t'effondrer maintenant, et j'ai peur de ne pas pouvoir me permettre de te soutenir. Ma fierté me retient de ses bras puissants quand mon esprit s'inquiète mortellement pour toi. Alors, sans rien dire, tu t'avances pour entrer dans l'infirmerie et je me dois de reculer d'un pas si je ne veux pas que tu me rentres dedans. Et puis je ne pense pas que te toucher maintenant m'aiderait à rester à l'écart de toi. Peut-être qu'il suffit d'un rien pour briser ma détermination. C'est encore trop tôt. Quand tu te diriges vers la salle, je suis tenté de te dire que ce n'est pas là que tu es censé aller, mais je n'en fais rien. Ce n'est rien, et tu ne seras assurément pas déranger, si des élèves arrivent par la suite. Et de la porte de la pièce laissée ouverte, je t'ai vu te laisser tomber sur le lit comme si tu n'avais jamais connu une telle fatigue. Alors avec un soupir, j'ai fermé la porte de l'infirmerie. Je n'aurais pas le droit à une pause sur le toit, aujourd'hui non plus. Je me suis approché de mon sac et en a sorti un plus petit, en plastique. J'ai attrapé quelques conneries dans l'armoire de l'infirmerie et suis entré à ta suite dans la salle. Là, ta voix a résonné et je me suis figé. Un répit, vraiment ? Je trouve pourtant que tu me pousses dans une impasse plus que tu ne l'as jamais fait. Que veux-tu que je fasse ? J'avais prévu de te traiter comme n'importe quel élève. Mais je ne me contente pas de fermer la porte et de te laisser te reposer. Je m'approche de toi et une fois au-dessus du lit, je plaque ma main sur ton front. Mon geste était un peu brusque. Saccadé. Parce que j'ai l'impression de toucher du feu. Moins ma peau rencontre la tienne, mieux les murs qui me protègent de toi se portent. Mais ce contact est nécessaire. Il m'est nécessaire. Je veux vérifier que tu vas bien. En-dehors de ta fatigue, j'entends. Tu n'as pas de température de ce que je vois, et je retire vivement ma main.

Tu attaques ta santé, là. Ne joue pas bêtement avec elle, je n'ai pas envie de continuer nos séances à l'hôpital. (Oui. Je sais. Si tu finissais à l'hôpital, ce ne serait pas moi qui m'occuperait de toi, ce serait des infirmiers de là-bas. Mais c'était une tentative pour t'arracher un sourire. Une tentative très moyenne, je suis d'accord, mais je me sens désespéré.) Je passerais à 13h30 te voir, et si tu dors on repoussera. Tu ne partiras pas d'ici tant que tu auras des cernes comme ça. Ah, et tiens. (Je pose le petit sac en plastique sur ton ventre.) Avale-moi le tout à part si tu es allergique à quelque chose et profite, parce que c'est mon repas normalement. (Mon repas, accompagné d'un peu de jus de fruit en brique et de quelques gâteaux de l'infirmerie. Peut-être que tu seras content de trouver du sucré ?) Il faudrait pas que je meurs de faim en vain.

Autre tentative pour t'amuser. Elle était mieux, cette blague, non ? Je l'ai même accompagnée d'un léger sourire. Léger, d'accord, mais il ne faut pas trop m'en demander. C'est dur de sourire quand j'ai sous mes yeux ton visage si fatigué. C'est dur de sourire en te sachant mal. Alors, s'il-te-plaît, n'apparais plus jamais devant moi dans cet état... Ou, non. Ne sois plus jamais dans cet état. Parce qu'aucun des médicaments du monde ne pourrait te faire aller mieux, si ? J'aimerais bien en inventer un, et te le donner. Oui... J'aimerais beaucoup de choses.
2519 mots.
Hope you like it dear Oracle.
Hey t'as vu comme mon Aiken il est cute ? Bon, son humour est space comme le mien,
mais il est cute !

_______________________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gaedre.skyrock.com/
Aetios Sillohe
Surveillants
avatar

Messages : 32
Date d'inscription : 27/06/2017
Age : 23

MessageSujet: Re: « Breathe. » — Aetios & Aiken   Jeu 27 Juil - 23:53:25

Aiken Young & Aetios Sillohe
.

The Boy who need a rest
Depuis combien de temps était tu rentré ? Depuis hier soir ? Ou bien c'était le bus de ce matin qui t'avais ramené ? Tu avais caché mes suçons sous des pansements. Je comprends. Mais ça me déplaît. Et qu'est ce que tu as mangé hier soir ? Et qui tu as vu durant ce week-end ? Est ce que tu as pensé à moi ? Est ce que tu penses à moi ? Et tu as passé un bon dimanche ? Tu t'est baladé ? Ça ressemble à quoi chez toi ? Tu penses encore à l'Angleterre ? Est ce que je t'ai manqué ? Est ce que je te manques ? Tu as vu les jeunes du Lycée veulent organiser une sortie, tu viendras ? Il y avais du monde dans le bus que tu as pris samedi ? Et dans celui qui t'as ramené ici ? Pourquoi est tu partis ? Est ce que tu aurais voulu rester ? Est ce que tu t'es allongé dans ton lit en repensant à notre nuit ? Est ce que tu as eu aussi mal que moi ? Tu as bu ? Tu as pris une douche ? Est ce que tu était seul ? Tu t'es occupé à quoi ? Tu as des hobbies ? Est ce que toi aussi, quand tu ferme les yeux et que tu penses à moi, tu essaye de dessiner mon visage dans ta mémoire ? Est ce que tu n'y parvient jamais vraiment bien ? Est ce que tu voudrais toi aussi tout savoir de moi comme je voudrais tout savoir de toi ? Est ce que ton esprit te fusille de toutes sortes de questions qui n'ont pas de réponses et que tu ne peux pas poser ? Moi ça me torture. Ça me torture tant que je n'en dors plus. Ça me détruit et m'emprisonne. Ça me matraque et m'éreinte. Et quand je dors je fait des cauchemars ou tu n'est pas la. Moi, tu me torture. 


Aiken semblait avoir abdiqué à la demande silencieuse d'Aetios. Et le Grec était trop épuisé pour s'en rendre vraiment compte. De toutes manières, il n'avais pas la force de se battre, si l'infirmier avait insisté pour qu'il aille se coucher ailleurs, il aurait sûrement fini par le faire. Mais dans le fond, Aetios savais qu'il n'aurait pas pu trouver le sommeil. La, dans cette pièce qui leurs appartenaient un peu plus que les autres, l'odeur et la présence d'Aiken était partout. Ca avait quelque chose de reposant. Aetios aimait ça. IL écoutât la voix d'Aiken qui parlait. Est ce qu'il avait l'air si mal en point ? Il n'était pas le premier étudiant à faire des nuits blanches. Mais pour le Grec, son style de vie plutôt méthodique et rangé ne pardonnait pas un manque de sommeil et trois jours de suite, ça faisait un peu trop pour son organisme. Il devait avoir l'air bien malheureux pour que le blond se décide à tenter un humour qui il fallait l'avouer était plus que douteux. Mais Aetios s'en contentais. En fait, la fatigue l'avais mis sur les nerfs. Il avait été désagréable toute la matinée, aussi désagréable que pouvais l'être quelqu'un qui parlait autant que lui. Mais cette nervosité et cette tension l'avais d'autant plus exténué. En fait, il avait fini par soufflé une fois devant la porte de l'infirmerie, ou sa mauvaise humeur avait fait place à ses appréhensions. Maintenant, il était trop crevé pour réfléchir. Il tourna la tête vers le blond et le regarda. Il esquissait un sourire tendre. Ses lèvres timidement se levaient pour t'offrir quelque chose qu'il n'avais pas eu depuis que l'Anglais était sortit de sa chambre. Et qui lui faisait un bien fou désormais. Il ne répondit pas à cette première phrase. Il aurait pu lui faire remarqué que ça allait. Qu'il allait s'en remettre. 

Aiken repris la parole. Il posa sur le ventre du Grec ce qui visiblement était son propre repas. Mais Aetios n'avais pas faim. Il s'en voulait presque. Il n'avais pas envie ni besoin de pitié. Aiken n'avais pas à lui donner son déjeuné. Peut être cela voulait il dire qu'il l'appréciait certes mais il ne pouvait pas l'accepter. En plus, pour être franc, il n'avais pas spécialement faim. Durant un instant, Aetios maudit en lui même ce qui faisait de lui un bon littéraire, son pouvoir d'analyse et d'imagination. Il était foutu de se rendre compte de certaines choses, peut être d'en déduire d'autre, mais quand cela touchait à lui même, il pataugeait dans la semoule. Il aurait aimé dire à Aiken de rester un peu plus. Mais il ignorait comment faire. Pourtant, il se sentait plutôt serein. C'était une chambre agréable. Il retira le repas de son ventre et le posa en intégralité sur la petite table de chevet qui s'accolait au lit. Il n'allait pas y toucher. Et peut être Aiken trouverais t'il à y redire mais il ne pouvais pas faire grand chose contre ça. C'était vrai, Aetios était sûrement pale. Plus pale que raisonnable. Il n'avais pas vraiment mangé. Il avait bu pas mal d'eau cependant. Ce n'était pas la première fois que ca lui arrivais. Quand il était perdu dans ses révisions parfois, il lui arrivais d'oublier purement et simplement de s'alimenter durant une ou deux journées. Son père lui avait alors conseillé d'avoir toujours pleins de bouteilles d'eau avec lui et de s'hydrater correctement. En fait, le corps humain pouvais tenir plutôt longtemps sans nourriture, mais l'eau était primordiale. Et Aetios avait suivit ces conseils, si bien que les seuls changement notables qu'il avait eu à subir après certains examens qui lui avait accaparés tout son temps et son esprit étaient une perte de poids un peu marquante. 

Il tandis le bras en direction d'Aiken. Il avait envie de le toucher. Il avait envie de lui prendre la main et de le retenir. Il avait envie de sentir sa peau contre la sienne même si ce n'était qu'un mirage. Il releva son visage et regarda le plafond blanc. Des tâches brunes commençaient à le parcourir à certains endroits. A l'étage du dessus il y avait des toilettes. Les canalisations étaient vieilles. Et l'humidité avait fini par laisser une emprunte contre le plafond de l'étage du dessous. Elles mangeaient doucement les coins de la pièce. Contre ça il n'y avait rien à faire. Aetios ferma les yeux. Il entendait derrière la fenêtre qui donnait sur la pièce les gamins jouer dans la cours. Des cris s'élevaient du terrain de basket ou bien peut être des gradins qui entouraient la piste d'athlétisme. Les enfants étaient en pause repas et la vie à Yorokobi prenait tout son sens quand les enfants chahutaient dehors. Des oiseaux piaillait dans l'arbre qui surplombait l'infirmerie, une famille de merle s'était installée quelques mois plus tôt et visiblement le climat avait été propice à l'apprentissage des premiers essais au vol. Leurs gazouillis raisonnaient dans la pièce portée par les notes aiguës qu'ils faisaient. Des bruits de sifflets retentissaient de temps à autre, et des rires de filles s'élevaient quand l'agitation se calmait un peu. A l'autre bout du monde, un bambin attendait patiemment l'heure pour appeler son grand frère. Et de l'autre coté de ce monde qui semblait vouloir éloigner d'Aetios tous les être qu'il aimait, il y avait Aiken. 

« - Est ce que tu compte réellement marcher pour toujours juste à coté de ta vie ? »

Avait il demandé. Sa voix était calme. Chaude. Elle était l'expression du sommeil qui s'emparait peut à peut de lui. Quand Aiken était prés de lui, ce n'était pas un soucis ou même une crainte de s'endormir. Il avait fermé ses yeux depuis un instant et cala sa respiration sur les bruit du dehors. Oui, est ce qu'Aiken comptais regarder pour toujours les autres faire des choses qu'il s'interdisait. Est ce qu'il comptait s'interdir d'être heureux. Est ce qu'il s'était persuadé qu'il n'aurais jamais que ça. Soudain il le trouva un peu pitoyable. Il ne n'en l'aimait pas moins. Aetios voulais savoir pourquoi Aiken refusait d'avancer. Il avait vu cette carapace qu'il méprisait désormais se dresser devant le blond. Il avait réussit une fois à l'éffriter un peu et c'était l'infirmier lui même qui avait fini de la mettre à terre. Il en avait envie, une envie maladive. Aetios en était sur, de tous ceux qui voulaient voir cette carapace tomber, Aiken en était le plus fervent demandeur. Le Grec jalousait ceux qui pouvait la franchir si de tels être existait. Son bras pendait toujours en direction d'Aiken. Ce n'était pas très confortable comme position mais il l'acceptais car elle lui permettais d'être plus proche du blond. Dieu comme il avait envie de dormir. Il voulait lui demander de rester avec lui. Non, il ne voulait pas le demander. Il voulait qu'Aiken le veuille aussi. Il voulait qu'il se donne le droit, une fois de temps à autre, de s'autoriser un instant de bonheur.
 

_______________________________
                  A  E  T  I  O  S                  S  I  L  L  O  H  E              
                                                                 
A R E   WE  M A D   ?  'C A U S E   S U D D E N L Y    I   F E L T   L I K E   W E   A R E .
I was born to make you cry and now I can only give your all the love i've got.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aiken Young
Infirmier
avatar

Messages : 36
Date d'inscription : 27/05/2017
Age : 23
Localisation : Originaire d'Angleterre, de Londres. Actuellement au Japon.

MessageSujet: Re: « Breathe. » — Aetios & Aiken   Ven 28 Juil - 14:36:01

Please, be my strength instead of my weakness.
— Aiken Young —

Il me regardait sans rien dire. La fatigue sur son visage me donnait envie de lui faire avaler des somnifères. Il fallait qu'il dorme. Il fallait qu'il se remette de ses nuits, parce que sinon il allait être trop faible et choperait n'importe quelle maladie qui passerait. Et combien ce serait dur de le voir se prendre maladies sur maladies... Oui... il fallait qu'il dorme. Et j'aurais fait tout ce qu'il m'aurait demandé si ça pouvait l'aider à dormir. Je me serais même peut-être accroupi à côté du lit en lui parlant doucement s'il l'avait exigé. Mais de quoi aurais-je pu te parler ? De ma journée ennuyante, comme toutes les autres ? Des pansements sur mon cou et de l'appréhension qui la rendait si différente des autres au final ? Des rêves dans lesquels tu étais mais de mon incapacité à me rappeler ta voix ou ton visage une fois réveillé ? Des mots que tu avais prononcé et des mots que je craignais que tu penses ? Du vide en moi qui n'attendait que que tu le remplisses avec tes gestes, tes souvenirs, tes paroles ? De tout ce qui se battait en moi jusqu'à m'épuiser, de cette partie qui voulait suivre mon cœur et de l'autre, qui voulait suivre ma raison ? De mon inquiétude quant aux vacances qui arriveraient bien trop tôt, de mon envie de te retenir près de moi ? De ma panique quand je pense que tu peux refaire une crise sans que je sois là pour toi ? Et j'ai envie de rester tous les prochains week-ends à Yorokobi, pour être là si tu as besoin de moi. Parce que je viendrais, si tu me le demandais. Parce que je ferais peut-être tout, si tu me le demandais. C'est effrayant, mais je ne vois pas les limites de mon affection pour toi. Je ne suis même plus certain que c'est vraiment uniquement de l'affection. C'est peut-être un peu de l'amour. Ou alors l'amour est bien en-dessous de ce que je ressens pour toi. Les mots n'ont pas assez de sens et il n'existe de terme assez fort pour te décrire le rythme que joue mon cœur à tes côtés. Tu sais, j'ai peur que tu me détestes. Même si tu aurais toutes les raisons du monde de le faire. J'aimerais que tu restes auprès de moi et que tu m'attendes, peut-être que tu me pousses un peu dans mes retranchements. Et un jour, j'aurais le courage de te regarder dans les yeux et de prendre une des décisions les plus importantes de ma vie. Une décision qui te banniras à jamais de ma vie ou t'y tireras irrémédiablement. Et je déteste penser que mon cœur a déjà choisi quels mots te dire, mais que mes lèvres s'y refusent. Parce que ça signifie qu'avant que je puisse faire céder ma raison, assez de temps passera pour que tu sois parti. Et alors, mon cœur dans la paume de ma main parce que je voulais te l'offrir, je serais laissé seul dans un monde où ma vulnérabilité me sera fatale, mais surtout... dans un monde sans toi. Alors, oui, je suis peut-être devenu tien depuis plus longtemps que je le croyais. Mais ça, je ne compte pas te le dire.

Je pose sur ton ventre le sac qui contient mon repas de ce midi. Et quand tu le poses sur la table juste à côté, je prie pour que tu le manges. Parce que je m'inquiète pour toi. Parce que si tu ne le manges pas, je saurais que tu n'as rien mangé ce midi. Et ça me fait mal de le remarquer. Ça serre mon cœur et compresse ma poitrine. Mes poumons s'étouffent. Peut-être que c'est te voir aller si mal qui me fait peur. Ou peut-être que c'est parce que j'aimerais t'aider mais ma fierté me bloque. Peut-être que c'est parce qu'en même temps, je ne sais pas quoi faire pour toi. Et que si tu refuses la seule aide matérielle que je te tends, alors je me sentirais désespéré. Tu sais, je n'ai pas faim. J'ai amené ça, mais je n'avais pas vraiment envie de le manger. C'était plus par habitude, pour me forcer à agir comme toujours. Mais je ne suis pas quelqu'un qui mange énormément. Je saute souvent des repas. Et depuis samedi, je n'ai réussi à rien avaler. De la salade et des tomates hier midi, de l'alcool avant-hier soir. Et quand j'ai essayé de manger de la viande —que pourtant j'aime tant—, tout ce que j'ai réussi à faire c'est la recracher dans les toilettes. C'est aussi un truc à moi, ça. Recracher. Parce que oui,  ce n'était pas vomir, c'était bien recracher. Je vomis rarement. La dernière fois remonte à bien dix ans. Ça ne vaut pas le coup d'être narré. J'attrape peu de maladies. Là-dessus je me dois de remercier ma mère, parce que mon père n'arrête pas de tomber malade. Tous les rhumes, il se les chope. Parfois ça passait par moi sans que je n'ai rien et ça lui tombait dessus, quand j'y étais encore. Mais ma mère est comme moi. Elle n'attrape pas grand-chose. Même si elle tombe quand même plus facilement malade que moi. Alors en fait, je vomis peu. Je tousse peu. Mais mon organisme n'hésite pas à recracher ce qui le dérange. Et c'est ce qu'il a fait avec la viande. Je n'allais sûrement rien manger aujourd'hui de toute manière. Mais je ne veux pas que toi, tu ne manges rien. Parce qu'à part les cernes pas hyper visibles que j'ai aux coins des yeux, je ne suis pas plus fatigué que ça. Je vais bien. Je vais toujours bien. Alors je peux bien te laisser mon repas, parce que j'ai envie que tu ailles plus que bien. Parce qu'aller « bien », ce n'est jamais vraiment génial. C'est juste un mot qu'on se souffle le soir pour pouvoir dormir, et le matin pour avoir le courage de se lever. C'est juste un mot derrière lequel on planque plein de choses. À force de ne pas manger je maigrirais peut-être, et peut-être que je maigrirais tellement que tu me trouveras répugnant. Mais je n'en mourrais pas. Parce que je vais bien. Et derrière mon bien à moi, aujourd'hui, il y a surtout beaucoup de toi.

Tu tends le bras vers moi. Et je ne sais pas quoi faire. Figé, j'attends. J'attends que tu ramènes ton bras à toi, j'attends que tu m'attrapes, j'attends que tu me pièges ou que tu me libères. J'attends de voir ce que tu comptes faire de ce bras à la peau brune, de ses doigts tendus dans le vide comme pour saisir l'air et l'enfermer dans la prison de ta main. Et j'ai envie de te dire de laisser l'air, parce que j'en ai besoin. Si tu me prends même ce qui me permet physiquement de vivre, alors que me restera-t-il ? Et je me rends compte une fois de plus qu'en un mouvement tu peux tout détruire. Quel que soit ce mouvement. Détruire ma vie, détruire mon cœur, détruire mon armure. Alors en silence, j'attends de voir laquelle de ces trois choses qui me sont essentielles tu veux détruire. Et j'espère tout au fond de moi que c'est un assaut contre les murs qui nous séparent. Contre la porte sans serrure. Parce que je ne sais pas si tout seul je pourrais les briser. Je ne te quitte pas des yeux et quand tu ouvres la bouche, j'ai un mouvement de recul. Léger, étouffé, mais réel. Je ne comprends pas pourquoi tu dis ça. Sur quoi tu te bases ? C'est n'importe quoi. Je ne marche pas « à côté de ma vie ». C'est ridicule. Ce n'est même pas possible, objectivement. On vit sa vie. Je vis la mienne. Je ne peux pas être à côté d'elle, puisque je suis en plein dedans. Que dis-tu ? Est-ce le sommeil qui te fais dire des imbécilités pareilles ? Va savoir si je ne suis pas le plus bête de nous deux, parce que j'en ignore la raison mais j'ai eu l'impression de recevoir une claque. Comme si ça voulait dire quelque chose pour moi. Tu parles. C'est juste une phrase qui n'a aucun sens que je peux saisir prononcé par quelqu'un sur le point de s'endormir. Pourtant,  je pense à quelque chose que j'avais oublié, ces derniers jours —tu occupais trop mon esprit pour que j'ai le temps de ressasser le passé. Le basket. Il fut un temps où je voyais le basket comme ma vie. Où je pensais en faire, même dix ou vingt ans après. Mais ça n'a pas duré aussi longtemps. Dix ans quand j'ai commencé, dix-sept quand j'ai arrêté. Sept ans. Sept courtes années pour une passion que je pensais durant une vie. En réalité, ma passion ne s'est pas arrêtée. J'ai juste tout fait pour l'étouffer. Comme je fais tout pour étouffer ce que je ressens pour toi. Ou pas ? Il faut croire que tu es devenu trop important pour être tout simplement mis de côté. Quelqu'un plus important que le basket... on aura tout vu. Et me revient en tête ton sourire, après ma première phrase. Oui... ce sourire est plus précieux que la perspective d'affronter les basketteurs les plus puissants. Peut-être que si je t'avais connu plus tôt, tu aurais pu me faire lâcher le ballon en un mot. En un regard. En un sourire. Tout comme tu aurais pu me faire m'éclater chacun de mes muscles, me briser chacun de mes os, pour gagner un match. Et tu sais, j'avais déjà trop forcé à mon dernier match. La demi-finale m'avait amené chez un médecin. Soi-disant qu'il fallait que je fasse attention à ne plus faire autant travailler mon genou droit. « Quelle importance si j'arrête le basket ? » avait été la phrase que je lui avais sortie, avec tout le dégoût du monde pour lui et pour mon organisme. Depuis, je cours toujours régulièrement mais je n'ai jamais eu de nouveau de douleurs. La preuve qu'il suffisait de laisser le temps faire son œuvre. Une connerie, ces médecins. Tout était qu'une foutue blague. Et j'en ai pas ri. Même si maintenant, je pourrais. Tu sais Aetios, je marche pas à côté de ma vie. Parce que si ma vie c'est le basket, on est à  des années-lumière l'une de l'autre. Et si ma vie, c'est toi, alors je suis à des kilomètres et j'essaie de m'en éloigner en ne cessant de me rapprocher. Ou peut-être que c'est l'inverse. Dans tous les cas, je ne marche pas « à côté » de ma vie. Je marche très, très loin d'elle.

J'ai attendu sans rien dire que tes yeux se ferment et que ta respiration semble s'endormir. Alors, j'ai pris doucement le bras plus ou moins toujours tendu vers moi et j'ai amené ta main jusqu'à mon visage. J'ai fermé les yeux et j'ai effleuré le dos de ta main de mes lèvres, puis j'ai laissé mon soupir caresser ta peau. J'ai murmuré pour moi-même, et peut-être un peu pour toi.

Est-ce que tu penses que je m'accroche à un fantôme ? En es-tu un ?

Un rire froid s'échappe de ma gorge. Si je me mets à te parler pendant que tu dors, on ne va pas s'en sortir pas vrai ? J'enveloppe en silence ta main des miennes et pose mon front contre ta peau. Mes paupières toujours résolument baissées, je laisse ton contact calmer les frissons qui me parcourent. Si tu étais réveillé maintenant, que dirais-tu ? Je n'entends même plus le son de ta respiration tant la voix dans ma tête parle fort. Je n'entends plus grand-chose. Mais je me concentre sur ta chaleur, et ça m'apaise. Me penses-tu cruel ? Peut-être que oui. Et peut-être que je le suis. Avec le monde, avec moi-même, et surtout avec toi. Je suis d'une instabilité qui m'effraie. Tu es arrivé et d'une simple pression tu m'as renversé. Et maintenant, comme un balancier, je pars et reviens. L'écho de tes mots et les sensations de tes gestes me heurtent avec une violence hallucinante. Ou peut-être que c'est juste moi qui me heurte à eux. Mais là, maintenant, je suis calme. Je suis apaisé. Je ne croyais pas que te sentir contre moi relâcherait à ce point mes épaules tendues. Et quand je rouvre les yeux, ma vision se brouille.

Merde. Pas maintenant.

Ma voix tremble un peu. Ou est-ce juste une impression ? Je repose doucement ta main sur le lit et frotte avec quelques doigts les gouttes qui commençaient à rouler sur ma peau pâle. Ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Pourtant, il ne pleut pas, et il n'y a pas de fuite. Ah ah... C'est le genre de pluie salée qui tombe même sous un soleil éclatant, pas vrai ? Je tire les rideaux pour que la lumière ne te réveille pas et m'empresse de sortir, m'attardant une seconde pour baisser les yeux vers toi. Oui... tout ça est bien pathétique. Je ne comprends même pas ce qui me prend mais je sais que je ne veux pas te montrer ce côté de moi, alors je m'enfuis au cas où je te réveillerais, à force de passer à côté de toi. Je ferme la porte, et retourne derrière mon bureau. J'aurais bien aimé aller sur le toit, vraiment. Pendant juste une heure. Je m'y rendrais sûrement à la fermeture de l'infirmerie, entre seize  et dix-sept heures. Ou alors, s'il dort toujours j'attendrais qu'il se réveille. Mais j'ai clairement besoin d'air. J'ai besoin de hauteur. Et peut-être qu'une fois là-haut je rêverais de devenir un oiseau, maître de la liberté, et de m'envoler jusqu'à l'autre bout du monde. Oui... une fois là-haut, je rêverais sûrement beaucoup. Et, loin du monde et loin de toi, je serais enfin capable de réfléchir correctement. En attendant, je laisse le temps passer lentement et lorsque la sonnerie indique treize heures, deux élèves arrivent. Un pour me demander de s'allonger durant un ou deux cours —et je lui indique la pièce pleine de lits, comme toujours—, et l'autre qui a mal au ventre, à qui je donne un verre d'eau, un doliprane et un petit paquet de ces gâteaux secs plein de beurre. Elle va s'allonger à son tour. Et quand treize heures trente arrive, j'hésite mais finalement attends avant de venir perturber ton repos. Parce que je veux que tu dormes. Et quand bien même tu ne le ferais pas, je veux que tu récupères. Pendant une seconde, je songe qu'il faudrait presque que je te fasse venir ici demain, pour vérifier que tu as dormi suffisamment, aujourd'hui et cette nuit. Mais ce serait trop. Je ne vais pas te coller. Même si tu ne le sauras sûrement jamais, je t'ai déjà assez touché aujourd'hui, et j'ai déjà été trop proche de toi. Je ne compte pas briser tous les efforts que je mets pour te parler comme à n'importe qui. Pour te regarder comme n'importe qui. Mais tu n'es clairement pas n'importe qui. Je ne serais pas venu te parler un peu si tu étais n'importe qui. Je ne m'inquièterais pas autant et quand bien même j'aurais accepté de te laisser aller dans la salle de consultation, je ne l'aurais pas regardé si souvent. Parce que mon regard ne peut s'empêcher de naviguer entre la porte derrière laquelle tu es et ma montre. Si bien qu'il ne reste pas tant de temps que ça pour les dossiers et toutes les histoires administratives. Aujourd'hui, de toute façon, je n'arrive à rien. Pas même à travailler correctement, alors que je meurs d'envie de me noyer sous les tâches que je dois faire. Mais comment me noyer sous quoi que ce soit, quand je mets dix minutes pour remplir quelque chose qui devrait en prendre trois, à force de me tromper de champs, de me tromper de noms ou de chiffres. La porte de la salle derrière laquelle tu es est la seule chose qui parvient à concentrer mon attention, si bien que n'en pouvant plus, quand vient quinze heures, je me lève et ouvre en silence la porte pour voir si tu dors toujours. J'espère égoïstement que ce n'est pas le cas, parce que je veux te sentir près de moi, même si notre contact se limiterait à un contact peu agréable car me brisant toujours le cœur. Je veux te voir en face de moi et me perdre quelque part dans ta contemplation. Ainsi peut-être parviendrais-je à me remettre au travail. Ou peut-être pas. Peut-être que tu me captureras dans tes yeux et que même une fois seul, je ne pourrais toujours voir que toi. Toi, toi et toi. Encore et toujours toi. Mais là, maintenant, à demi entré, je chuchote pour ne te faire réagir que si tu ne dors pas:

Aetios ?

Et ton nom résonne en moi avec des sons qui me transpercent de par leur beauté. J'aimerais que tu vois en ce mot tout ce que j'y vois, et que tu entendes dans ma voix froide l'espoir et le besoin. La peur et l'amour. Car tout t'es destiné.
2875 mots.
Hope you like it dear Oracle.
Sorry pour le codage dégueulasse, j'sais pas c'que ça va donner mais j'suis sur tel so...

_______________________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gaedre.skyrock.com/
Aetios Sillohe
Surveillants
avatar

Messages : 32
Date d'inscription : 27/06/2017
Age : 23

MessageSujet: Re: « Breathe. » — Aetios & Aiken   Mer 30 Aoû - 20:01:42

Aiken Young & Aetios Sillohe
.

The Boy who make war
Dans un silence inouï, dansaient les feufolets. Lentement, puis petit à petit plus rapidement. Ils tournoyaient autour de ton être comme un milliard de lumières vives. Et chaque voltige qu'ils faisaient produisait alors un son merveilleux. Une note limpide et distincte. Et plus ils s'accéléraient, plus la musique commençait à former une symphonie logique et délicieuse. Et ce silence qui naquit du bruit n'enviait rien aux chants harmonique qui s'élevaient désormais autour de toi. Et dans tes yeux clairs, reflétais toutes ces lueurs magnifiques sans jamais égaler le feu qui brûlait sur tes prunelles. Les feufolets volaient parce que c'était des acteurs, et tu étais leur metteur en scène. Et la musique était si juste parce que tu en étais le compositeur. Et ce tableau si audacieux car tu faisais chorégraphe. Petit à petit, tu tournais ton visage vers le mien. Et s'illuminait sur ta peau ce sourire timide qui valait plus que toutes les richesses de ce monde. Alors je sentais en moi une vague de chaleur m'immerger. Tu étais un rêve. J'étais un rêveur. Tu étais une muse, et j'étais à tes pieds. Tu n'existais pas ailleurs qu'ici. Je le savais. Même en rêve, je le savais. Mais ce rêve me semblait symboliser un peu mes désirs, et mes frustrations. Tu étais magnifique, merveilleux. Et tu étais intouchable. C'était une damnation. Je réalisais alors, parmi mes songes, que je te préférais meurtri et sauvage. Ainsi, alors, avais-je une chance de te protéger. J'avais peur de toi, car tu faisais de moi un servile conspirateur. Prêt à tout, pour t'admirer un peu plus. 

Aetios respire lentement. Petit à petit, il reprend conscience. Ses paupières sont closes. Il entend dans la pièce à coté, le papier qui gratte comme si quelqu'un écrivait. C'est certainement l'infirmier pense le Grec. Et le savoir si proche le rassure. Mais l'imaginer si loin, le tiraille. Il a rêvé de lui tiens. Il s'en rappelle un peu. Ses yeux encore clos, il peut le revoir se tenir dans ce champ de couleurs incroyables. Il peut entendre à nouveau la musique. Mais la réalité est plus jalouse que lui encore. Et il ne parvient pas à se remémorer parfaitement ce songe qu'il voudrait voir durer indéfiniment. Le brun soupire longuement. Et comme un écho, il entend de l'autre coté de la pièce, le blond qui fait de même. Il entend la chaise qui s'éloigne du bureau. Surement, Aiken se lève t'il. Et Aetios se murmure en lui-même « viens. ». Oui, passe cette porte, détruis ces murs qui nous séparent et pitié, laisse moi être ton ombre. Laisse-moi jalousement enlacer ton être et ne faire qu'un avec tout ce qui vit et meurt dans ton cœur. Laisse moi dépendre de toi, laisse toi dépendre de moi. Comme si nous étions tous deux drogués, incapable de résister. Incapable d'y mettre un terme. Donne-moi mon shoot. Une fois encore. Murmure mon prénom et promets moi tous tes secrets inavouables dans un regard. Aiken qui marche en direction de la porte. Et le prénom du Grec qui raisonne comme l'appel solennel du blond. Aetios ouvre les yeux. Il s'enivre. Jamais il n'avait senti ces lettres parler autant. Et les mots qu'elles décrivent le tiraille, le rassure. 

Il avait fallu presque deux mois à son père pour se rendre compte que le jeune Aetios ne parlait plus. On ne pouvait pas vraiment le blâmer, il venait de perdre sa femme dans un terrible incendie, et son jeune garçon n'avait jamais été une pipelette. En vérité, c'était rare avant même ses neufs ans, qu'il prononce plus de deux phrases complètes d'affilées. Et pour tout avouer, c'était la nounou d'Aetios qui s'était réellement rendue compte qu'il ne parlait plus. Quand elle l'avait signalée à son père, il avait souri, de ce sourire triste que peuvent avoir les adultes qui souffrent terriblement. Il avait essayé de communiquer avec le garçon, mais rien ne tirait de ces lèvres brunes le moindre son. Aetios avait été voir un psychiatre. Durant un an entier, il ne prononca pas le moindre mots. Et pour faciliter ses échanges, il avait appris la langue des signes. De l'explication consensuelle, il se sentait coupable de la mort violente de sa mère. De son explication d'enfant, la chaleur l'avait brûlé quand il avait essayé de parler après l'accident, alors, il n'avait plus essayé. Il avait gardé en lui, ce moment, cet instant subtil et déchirant de sa mère qui se penche sur son lit. De son sourire d'enfant qui veux encore une histoire. Et de ces mots gravé en lui comme un retour de flamme « Il est temps de dormir Aetios. Ne dis plus rien maintenant. Sois sage d'accord. Bonne Nuit mon amour. Fait de beaux rêves ». Et depuis, Aetios était sage. Et il ne disait plus rien. Parce qu'il était temps de dormir. Parce que maman plus jamais ne se réveillerait. Parce qu'il devait faire de beaux rêves mais qu'il en était incapable alors il faisait le reste merveilleusement bien. 

On lui avait diagnostiqué un mutisme et une sorte d'agoraphobie. Il supportait très mal d'être avec d'autres enfants. Alors il avait commencé à prendre des cours à la maison. Et le temps passa. Aetios grandissait. Et avec lui, ce souvenir qui périssait tendrement dans un recoin de son cerveau. Le jour ou de nouveau, il ouvrit la bouche ne fut pas sensationnel. Il n'attendit pas d'avoir une pensée incroyable, ou bien de ressentir une émotion irrationnelle. En réalité, il sentait juste qu'il était temps. Ainsi, alors que son père le mettait au lit, il répondit, un « bonne nuit papa » d'une voix un peu enrouée. Et le naturel de ses yeux brun avait fait chanceler son père. Il était temps. Mais il avait appris beaucoup d'une année et trois mois de mutisme total. D'abord, on pouvait parler sans rien dire. On pouvait échanger un regard, on pouvait faire un geste, on pouvait inspirer profondément. Et ensuite, on pouvait dire bien plus en un mot que ce qu'il signifiait. Un « je t'aime » désinvolte pouvait refléter une perte douloureuse, tout comme un « connard » pouvait trahir un attachement significatif. De l'Aetios adulte qui était né de ces constat restait ce pouvoir de comprendre par delà certaines choses. Et ce goût pour l'isolement. Aetios. Aetios. Aetios. Six petites lettres. Minuscules, symphoniques, maladroites. Six petites lettres qui entre les lèvres d'Aiken murmuraient tellement plus. Le Grec en était convaincu. 

Aetios regarde le mur blanc se découper en fonction de ses cils noirs. Puis petit à petit, il ouvre ses yeux. Il regarde cette porte qui s'ouvre de plus en plus. Il ne répond pas. Parce qu'il veut qu'Aiken ouvre la porte entièrement. Il voudrait lui parler un peu. En fait c'est faux. Il voudrait lui parler des heures durant. Il voudrait lui parler à en épuiser son vocabulaire devenu si vaste grâce à ses études. Il voudrait former avec ses lèvres des volutes de phrases qu'ils n'auraient que pour eux. Mais il s'en sent un peu incapable. Il a dormi suffisamment pour récupérer sa lucidité. Il va mieux certes. Mais ce réveil lui rappel les fuites irréductibles du blond. Et Aetios en souffre. Il regarde le visage d'Aiken se dévoiler au fur et à mesure que la porte s'ouvre sur lui. Aetios se redresse. Il s'assoit un peu mieux dans le lit. Il aurait préféré voir Aiken dés son réveil. Mais qu'importe. Il était la maintenant. Entier, devant cette porte. Ses yeux bleus froids qui le fixent. Et Aetios qui en perçoit leur chaleur ténue malgré tout. Il se sent invincible, il se sent seul sur Terre témoin de tout ce qui se produit dans ce crâne blond qui lui fait face. Il ouvre la bouche lentement. 

« - Je peux te demander quelque chose ? » 

Et sa voix enrouée par le sommeil lui rappel celle qu'avais prit un petit garçon de dix ans encore meurtris par la culpabilité. Mais qui avait parlé envers et contre tout, parce que la vie continuait. Cela le surprend lui-même. Mais il ne peut pas s'en défaire. Il ne veut pas avoir l'air de supplier Aiken. Et pourtant dans le fond, c'est bel et bien une supplication. Alors il le met en garde. 

« - ... et je crois que j'en mourrais que tu me refuses ça. »

Oui, on pourrait voir ça comme du chantage. Mais ses yeux bruns soutiennent ceux d'Aiken. Et dans ces prunelles obscures sa douleur fixe les règles. Il meurt petit à petit de l'intérieur. Il se pensait patient. Il ne peut pas l'être. Il ne veut pas l'être. Il n'a pourtant pas le choix parce qu'il ne veut qu'Aiken. Et que ce dernier doit se rendre compte lui-même que la réciproque est tout aussi vraie. Mais Aetios est jeune, il a besoin de plus que ses propres certitudes, alors il demande. 

Tes yeux bleus volaient les désirs que je formulais. Et ton visage, que tu prenais un soin méticuleux à croire impassible, me décharnait de mes persévérances les plus totales. Tu étais un homme quand j'étais une armée, et pourtant, tu gagnais la Guerre contre ma volonté. Tu emprisonnais ce que j'avais d'humain. Et sans hésitation, je te livrais ma capitale. Tu enfermais farouchement mes hommes et t'étonnais de ma jalousie maladive. Avais-tu le sentiment que j'étais celui qui te ballottait dans tous les sens ? Comment pouvais-tu l'imaginer ? Tu étais le premier à détruire d'un battement de cils les édifices que j'avais construit en moi. À la place, j'érrigait un temple en ton honneur. Comment pouvais-tu ne pas me laisser t'aduler. Quand tu m'avais avant réduit à l'état de cendre. Ton indifférence me saccageait le cœur et le corps, alors je mettais mon égoïsme de mon côté et tentais à nouveau de balayer ta raison. Pourquoi résistais-tu, alors qu'au fond de toi, une voix criait que j'étais tout ce qu'il te fallait ? Pourquoi crois-tu que j'en étais aussi persuadé ? Parce que j'avais au fond de moi, une voix aussi, et qu'elle me hurlait contre les tympans que j'avais besoin de toi. Oui, je mettais mon égoïsme de mon côté et pour rien au monde je ne désirais perdre cette Guerre contre l'incertitude. 

« - Laisse-moi quelque chose. Chaque jour. Une infime partie de toi. Dit toi que c'est un sevrage. J'ai besoin de ça. J'ai besoin d'un espoir qui me consume. Aiken Young. J'ai besoin de toi. »
 

_______________________________
                  A  E  T  I  O  S                  S  I  L  L  O  H  E              
                                                                 
A R E   WE  M A D   ?  'C A U S E   S U D D E N L Y    I   F E L T   L I K E   W E   A R E .
I was born to make you cry and now I can only give your all the love i've got.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: « Breathe. » — Aetios & Aiken   

Revenir en haut Aller en bas
 
« Breathe. » — Aetios & Aiken
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Breathe Me [Arizona] -Abandon
» madison + just be happy to breathe
» Thea & Jude ✖ Just breathe...
» Elo - Close your eyes, take a breathe, count to three...
» (c)toxicheart

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pensionnat Yorokobi :: L'intérieur du pensionnat :: L'infirmerie-
Sauter vers: